Les humeurs noires de Charles Vincent : Apocalypse des baby-boomers

Apocalypse, du grec apokálupsis : révélation, dévoilement.

Avril 1960 : Simone Dutourd a 13 ans. L’été précédent, elle a appris d’une amie, qui tenait l’information de sa cousine, comment se font les bébés. On ne parle pas de ces choses chez les Dutourd. Mais Simone et ses copines constatent un changement dans le regard des garçons, qui accompagne celui de leurs corps. À la radio, Johnny Hallyday chante :

Han han han

Laisse les filles Han han han Oui !

Laisse les filles

Tu as bien le temps

D’avoir des milliers d’embêtements

Crois-moi

Heureusement pauvre de moi

Pour me soutenir j’ai mon papa

Qui me dit toujours : vas-y mon gars

Puisque les filles c’est fait pour ça

Han han han…

6 décembre 2017 : Michel Drucker pleure en rendant un dernier hommage à l’idole des jeunes. Simone a vu le film de sa propre vie repasser devant ses yeux tout au long de l’émission. Elle trouvait Johnny un peu ringard, mais ses tubes l’ont accompagnée au fil des années, du mariage au divorce en passant par la naissance de ses deux enfants, qui eux-mêmes n’en ont pas. Seule devant sa télévision, Simone zappe, et arrive malencontreusement sur Trace Urban. Elle ne comprend pas vraiment les paroles de la chanson qui passe, et trouve ces sonorités assez désagréables. C’est Kaaris qui chante :

La go là c’est p’têtre une fille bien

Mais on préfère les tchoins tchoins tchoins
La go là c’est p’têtre une fille bien

Mais on préfère les tchoins tchoins tchoins
Elle veut Louboutin-tin, tchoin
Elle veut Mauboussin-ssin, tchoin
Vrais ou faux seins-seins, tchoin
Tchoin tchoin tchoin

S’il n’y a pas de morale à cette histoire, c’est peut-être le nœud du problème.

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