Une génération entre impuissance et révolte

L’espoir de changer les choses est devenu totalement abstrait pour beaucoup de jeunes. Le fonctionnement de la société leur semble devenu trop complexe, le niveau de décision trop haut, il leur paraît illusoire de réclamer un changement et toute tentative révolutionnaire apparaît relever pour eux de la chimère. Sans valeurs propres auxquelles se rattacher, sans conscience de classe ou d’identité, cette génération est disposée à adopter la « morale » du système. Comme l’affirmait Guy Debord, la domination spectaculaire, pour la première fois dans l’histoire, a élevé une génération pliée à ses lois de consommation et de concurrence. Le conformisme intellectuel est devenu une règle et quelques « idées citoyennes » tiennent bien souvent lieu de conscience politique (Que cette génération se soit « éveillée » à la politique avec Charlie hebdo laisse imaginer sa capacité d’autonomie intellectuelle). Devant une situation bloquée, les jeunes jugent nécessaire de s’assurer d’abord un avenir, de tirer leur épingle du jeu. Cette fatalité les fait se résigner à lutter de manière acharnée pour des emplois plus ou moins précaires, malgré le dégoût que l’existence résignée et vide que cela implique leur inspire. Ils regardent avec envie le statut de salarié. Sans se rende compte que cela n’est plus qu’un simulacre et que la libéralisation progressive viendra mettre un terme à ce dernier havre de stabilité dans le monde du travail.

Quand le nihilisme se déchaîne, il devient urgent de revenir à une règle fondamentale de tout mouvement révolutionnaire : l’importance de recréer des liens collectifs, des solidarités et des convergences dans la lutte. Mettre en commun nos forces et nos espérances, est déjà un bon début. Pour cela chacun doit participer à sa manière, venir débattre et échanger pour créer un projet commun et alternatif, chercher une simple prise de conscience et un désir d’apprendre des autres. Nous restons persuadés que la résignation est un suicide quotidien et que les jeux ne sont pas encore faits.

Laisser un commentaire