Populistes français : Les poings levés mais les mains liées

La recomposition politique apparue avec l’émergence du « macronisme«  se poursuit de manière accélérée. Un courant libéral-conservateur veut profiter des revers du Rassemblement National et des Républicains pour proposer son « union des droites« . Les libéraux-conservateurs ont beau faire appel au bon sens du peuple français , brandir leurs exemplaires de Michéa et Christophe Guilluy, récupérer des dialogues d’Audiard pour faire populo, nous ne devons pas nous tromper sur leur véritable objectif. Cette « union des droites«  ne vise qu’à récupérer l’électorat de l’ancien FN pour donner du poids aux maigres rangs de quelques intellos incorrects des beaux quartiers.

La marchandise qu’ils veulent nous vendre n’est qu’une pacotille déjà vue et démodée. Car si on y regarde à deux fois, quelle est le bilan de l’application de cette ligne ? Quand Patrick Buisson, un des penseurs de cette « union des droites », se met au service de Nicolas Sarkozy, qu’en découle-t-il de positif pour les classes populaires ? Cette présidence à au contraire mis le turbo sur la destruction des valeurs traditionnelles de notre pays.

Nous savons quoi répondre à nos faux amis de la droite… Mais proposons nous ? 

Les libéraux conservateurs ont certes de l’argent et des réseaux à défaut d’idées et de bras. Mais que lui oppose le camp du peuple, les « populistes » que nous sommes ? Pas grand chose. Ils sont unis, nous sommes divisés en chapelles, ils sont actifs et cohérents, nous sommes éparpillés et inconstants. Ils ont une stratégie précise, nous peinons encore à nous définir…

Comme l’écrivait l’Italien Maurice Bignami dans les années 1990 pour son pays, mais cela vaut aussi pour nous, le sport national n’est pas le football mais le tir à la corde. Ce jeu viril oblige tout le monde, et même ceux qui ne le souhaitent, à se ranger l’un contre l’autre et à tirer comme des damnés, en avant en arrière, je pleure, tu ris. C’est l’inévitable affrontement droite/gauche, « fascisme »/ »antiracisme ». La sauce prend à chaque fois depuis des décennies. Les militants de factions antagonistes jouent à la guerre dans les rues, des représentants intellectuels des deux camps ressassent les mêmes arguments lors d’interminables débats télévisées, chaque élection reprend la partition de la précédente ( » il faut un sursaut démocratique » , « il faut faire de la politique autrement », « vont-ils passer cette fois ?! » ect …).

Est-ce une fatalité ? Nos voisins latins viennent justement de prouver que les populistes pouvaient trouver des terrain d’union au-delà de leurs différences. Mais il faut se donner les moyens de proposer autre chose. D’abord définir ce qui nous anime, l’objet de nos luttes et le type de société dans lequel nous voulons vivre.

À Rébellion, nous savons que nous voulons une communauté juste qui garantisse l’autonomie et la solidarité entre ses composantes, en s’insérant dans un retour vers la vie authentique, débarrassée de l’aliénation et de l’exploitation, mais aussi des artifices du gaspillage de la société consommation et des mirages du « progrès » compris comme une course vers le vide. Cette harmonie est incompatible avec le chaos libéral, même camouflée sous les couleurs nationales. 

Nous voulons un enracinement dans la culture européenne, intégrant ses différences expressions (du plus local à l’attachement à la patrie française) de manière positive et créative. Nous refusons une « identité musée » et désirons raviver la culture que nous transmettrons à nos enfants.

Cette affirmation de l’esprit européen s’accompagne d’un respect pour les autres cultures authentiques et si demain nous sommes capable d’incarner une souveraineté indépendante à notre échelle, nous pourrons rétablir un équilibre entre les grandes zones géopolitiques via des alliances. Cette ligne anti-impérialiste est pour nous incompatible avec toute soumission à l’atlantisme libéral.

En France, le populisme est plus un mode d’expression protestataire qu’un alignement conscient sur une ligne précise. C’est une chance car cela en fait une force vitale qui ne demande qu’à s’exprimer. Le prisme spectaculaire nous renvoie l’image de compatriotes fortement polarisés, pour mieux nous intégrer au combat factice qui maintient ce système en place. En refusant de nous y livrer, nous pouvons rassembler ce qui veulent agir.

Pour cela, les geeks sectaires sont invités à rester dans le confort de leur salon. La guerre des Internets n’est pas une fin en soi. Certains enfantillages doivent prendre fin, nous ne pouvons pas rester dans la posture, la simple consommation d’idées dissidentes 2.0 et les combats de chefs.

Donnons nous les moyens d’unir notre peuple si nous ne voulons pas que d’autres le détourne ! 

Louis Alexandre 

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