Margaret Thatcher, les incohérences de la Droite

Christian Brosio de la revue Spectacle du Monde avait donner une fine analyse du cas « Thatcher » en Mars 2012 :

« Mais quelles étaient ses convictions ? Elles étaient de trois ordres : patriotiques, morales et économiques. Elles constituaient, à bien des égards, un tissu de contradictions. Rêvant de restaurer la puissance britannique, Margaret Thatcher vouait un culte à Winston Churchill et vivait dans le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, qui, pourtant, avait mis fin à cette puissance. L’expédition des Falklands (les anciennes Malouines), au printemps 1982, fut un moment de ferveur nationale. Elle n’aurait pu avoir lieu sans le feu vert des Etats-Unis. Systématiquement renforcée par son Premier ministre, la « relation spéciale » l’unissant à ces derniers donna à la Grande- Bretagne l’illusion d’avoir retrouvé son rang d’autrefois.

Margaret Thatcher prêchait pour un retour aux « valeurs victoriennes ». Autrement dit, selon elle, celles de la petite classe moyenne, dont elle était issue : travail, rigueur, respect de la loi et de l’ordre. Elle oubliait simplement les valeurs communautaires qui étaient encore celles de cette petite classe moyenne au début du XXe siècle. Elle les oubliait parce que cette dernière s’est, entre-temps, progressivement ralliée à l’individualisme bourgeois (…) Ces convictions économiques sont celles du credo libéral le plus pur : la croyance en la primauté du marché sur toute institution, et en la primauté de l’individu sur le groupe. Margaret Thatcher est une disciple du principal théoricien de l’ultralibéralisme, l’économiste anglais d’origine autrichienne, Friedrich A. von Hayek (…)

Pénétrée de ces idées, Margaret Thatcher va jusqu’à dire : « La société n’existe pas. ». (…) Au nom de la primauté du marché, la « dame de fer » engagea avec détermination la libération du mouvement des capitaux et du crédit, ainsi que la dérégulation du monde de la finance. Préparant ainsi la mutation néolibérale d’une économie productive vers une économie essentiellement financière. Des principes et une logique qui devaient donner toute leur mesure à partir de 2008. C’est aussi cela, l’héritage de Margaret Thatcher ».

 

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