Les humeurs noires de Charles Vincent : Vive la République, vive Macron, vive Weimar !

On connaît la chanson : depuis une quinzaine d’années, nous vivons le retour des années 1930. Les fâcheux sont aux portes du pouvoir, vite, un front républicain ! * voix de jeune fille * : « Tu sais, je m’intéresse pas trop à la politique, mais je vote contre l’extrême-droite, nan mais attends t’as vu que le FN veut interdire l’IVG ? ».

Conséquence de la chute du niveau de l’enseignement ? Tout ce que sait l’individu moyen de la montée du national-socialisme, c’est qu’un méchant monsieur qui n’avait pas été accepté aux Beaux-Arts a pris le pouvoir. Parce qu’il était méchant et qu’il n’avait qu’un seul testicule, hihi ! L’argumentaire consiste en une reprise inconsciente des balivernes de Wilhelm Reich dans son assommante Psychologie de masse du fascisme : celui-ci résulterait d’une répression sexuelle dont le premier lieu serait la famille nucléaire et qui rendrait les individus dociles et disposés à suivre aveuglément un chef charismatique. Salut romain = symbole phallique, le congrès de Nuremberg comme sublimation de la partouze. Si seulement les Boches avaient forniqué un peu plus librement…

Oublions quelques instants les facteurs politiques et économiques qui menèrent le NSDAP au pouvoir. Si le débat doit passer par l’examen des braguettes, il faut dire que dans le genre olé-olé on a rarement fait mieux que la République de Weimar. L’Institut de Sexologie de Magnus Hirschfeld conduisit les premières opérations de changement de sexe et, plusieurs décennies avant les rapports Kinsey, « révéla » les perversions latentes de la bonne bourgeoisie allemande sous couvert de l’en prévenir. La prostitution féminine comme masculine se propagea dans le Berlin économiquement dévasté des années 1920, réputé être la capitale mondiale du vice ( Relire Paul Morrand sur le sujet par exemple) . Si on se souvient plus volontiers des films de Fritz Lang, la production cinématographique germanique de l’époque ne cessait de titiller les spectateurs en-dessous de la ceinture. Petit florilège de titres : Morale et Sensualité (1919), Quand une femme prend le mauvais chemin (1927), Le sexe enchaîné (1928)…

Mais quel rapport avec le cirque national actuel ? Outre que nous sommes bombardés de pornographie soft à chaque coin de rue, que la French Theory nous revient en pleine figure après un lifting en Californie et que n’importe quel collégien peut « s’éduquer » sexuellement avec un smartphone et une connexion Internet, remarquez l’obsession contagieuse des médias pour la vie intime des politiques : du divorce-remariage de Sarkozy au scooter d’Hollande en passant par les préférences de Florian Philippot, notre voyeurisme n’a rien à envier à celui des Américains. D’ailleurs, vous ne pensez pas que Marion et Julien Rochedy feraient un superbe couple ? 

Et l’indécence culmine avec Macron, l’adolescent prodige qui fit battre le cœur de sa prof de français cougar au faux air de Frigide Barjot. Lequel des deux a fait le premier pas ? Je parie sur Madame, elle a dû fredonner la chanson de Sardou tout au long de sa jeunesse de femme des années 1980, c’est formateur. Ils n’ont pas d’enfant, mais adopteront peut-être un migrant érythréen une fois à l’Élysée ? Ce serait un beau signe d’ouverture à l’autre.

Si Wilhelm Reich avait raison, il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter. La gaudriole se porte bien dans notre pays de cocagne. Qu’importent le chômage et l’insécurité. Du moment qu’on baise… Pensez Printemps, c’est la saison des amours !

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