Génération Rébellion

La reprise des activités militantes de Rébellion n ‘est pas un hasard. La victoire d’Emmanuel Macron nous impose de réagir et de donner une impulsion nouvelle à nos réseaux . Presque 15 ans après la naissance de la revue, nous le devions aussi pour donner un sens à notre engagement. Nous ne sommes pas une simple revue, mais une communauté de lutte. L’esprit de Rébellion est un esprit de combat et de générosité. Nous combattons joyeusement pour un idéal qui se veut l’expression des plus hautes valeurs européennes. Nous voulons transmettre cet esprit à la nouvelle génération.

Lors d’une conférence commune à Toulouse avec Pierre de Brague, l’un des animateurs les plus dynamiques d’Egalité et Réconciliation, nous avons voulu lancer un appel aux anti-libéraux patriotes pour une unité de la résistance au Nouvel Ordre Macronien. Nous reproduisons ici le texte de l’intervention de Louis Alexandre, le rédacteur en chef de notre revue. 

Chacun aura pu constater que les mois qui ont suivi l’élection d’Emmanuel Macron furent bien mornes. Sa victoire semblant faire disparaître toute opposition, un vent de désespoir soufflait sur la France et l’Europe.

Cette situation ne laisse pas beaucoup de choix pour les personnes qui ont pris conscience des enjeux actuels.

Vous pouvez choisir de renoncer et de vous résigner. De vous enfermer dans ce que j’appelle le je-m’en-foutisme nihiliste, c’est à dire se replier sur sa petite personne et disant « à quoi bon, les Français sont des veaux ». Vous pourrez même vous construire une pose de grand esprit en fustigeant sur le net la décadence morale et le déclin du courage de vos contemporains, confortablement avachi devant votre PC. C’est un choix, celui de la lâcheté et de la bêtise arrogante.

Mais si on a gardé un peu de force, de courage, de bravoure et d’intelligence, qu’on veut faire autre chose que de regarder le chaos progresser, il faut agir sans naïveté ni trop d’idéalisme. Comme Gramsci nous devons être « pessimistes par l’intelligence, optimistes par volonté ». C’est-à-dire, plus simplement, ne compter que sur nous et nos propres forces pour tenter d’inverser la course vers le vide de notre Europe.

Cela implique une prise en compte d’une donnée fondamentale : la part d’humain que nous avons en nous. Si le système cherche à séduire les instincts les plus bas (l’envie, la luxure…) nous devons élever nos capacités à créer le bien, le beau et le vrai dans notre combat. Pour les autres, mais surtout à travers nous-mêmes. La « révolution intérieure » n’est pas un programme, c’est le point de départ de toute notre démarche. Soyons exemplaires pour servir d’exemple.

Car seul un type précis d’individu a la capacité de faire l’Histoire : celui qui sait s’adapter sans se renier, qui a une orientation intérieure forte lui permettant de rejeter loin de lui le monde moderne (surtout s’il doit être contraint d’en utiliser certains moyens ou aspects pour en triompher).

Cela dit, nous revenons à la grande question : « Que faire ? », refrain des grands moments de l’Histoire. C’est le signe que les anciens repères ne peuvent plus être utilisés et que des solutions sont à réclamer d’urgence. Chaque époque a réclamé des solutions différentes ; il ne faut surtout pas reproduire un modèle dépassé dans un nouveau contexte, mais tirer les leçons du passé et trouver dans le présent des éléments de réponses.

Il y a plus de 100 ans, un certain Vladimir Lénine écrivait justement une petite brochure avec pour titre Que faire ? sous-titré Questions brûlantes de notre mouvement. Ce texte expliquait aux quelques dizaines de révolutionnaires russes de l’époque qui allaient d’échec en échec qu’il était nécessaire de se débarrasser des réformistes et des terroristes pour parvenir à mettre en place un vrai parti révolutionnaire, organisé et centralisé. Ce texte fut largement compris et permit la prise de pouvoir par les bolcheviks lorsque la situation favorable se présenta en 1917.

A l’heure actuelle les choses ont évidemment changé, les partis et les grosses centrales syndicales sont des structures purement électorales et opportunistes, qui tentent d’étouffer toute initiative émanant de leurs bases.

Il faut donc trouver un autre modèle. Et nous rentrons ici dans la partie concrète de ma modeste intervention. Presque un an après la mise en branle de la machine de guerre Macron comment organiser la riposte à sa domination ? Et surtout comment créer une alternative au système qu’il incarne ?

L’opposition parlementaire est incapable de le freiner dans sa marche. Soit complice, soit lamentable, on ne peut rien attendre de ces professionnels de la lâcheté et du détournement de la colère populaire. Désignons clairement la France insoumise et le Front National comme les acteurs de cette mascarade. Nous devons donc tordre le cou à cette tentation réformiste qui pourrait faire croire que le jeu électoral est capable de changer quelque chose et être résolument anti-parlementaires car la véritable expression d’une communauté populaire ne passe pas par les élections. Brisons les urnes pour trouver dans la lutte la vraie expression de notre volonté collective. Dans le même élan de nettoyage des écuries de la dissidence, ne nous laissons pas piéger par le jeu malsain des provocateurs, des geeks terroristes de youtube de toute tendances, qui se font les instruments du chaos et soufflent sur les braises.

Les hommes et les femmes de valeur qui se lèvent en Europe ne sont encore qu’une minorité. La majorité est pour l’instant neutre par indifférence ou ignorance. Il ne faut pas la mépriser, même si elle se trompe. Le mépris pour le peuple est la marque de l’oligarchie, nous devons au contraire aimer notre peuple pour le pousser vers le haut.

Nous voulons réunir les personnes qui veulent être autonomes, enracinées et libres ; qui veulent participer à une communauté locale et nationale porteuse des valeurs de solidarité propres à l’héritage européen le plus ancien ; qui refusent l’aliénation et l’exploitation et qui veulent une existence pleine de sens et de vie.

Aucunement enfermé dans des faux clivages dépassés, ce nouveau mouvement a plusieurs visages. Il agit spontanément dans toute la France à son échelle. Il est concret et constructif dès aujourd’hui, demain il sera la seule alternative crédible si nous lui en donnons la force.

Ce soir, je vois que ce mouvement est présent dans cette salle. Ce mouvement c’est vous qui le portez et l’incarnez.

Nous allons ensemble construire un rapport de force qui permettra la renaissance de notre pays sur des fondements nouveaux. Nous devons bâtir pour cela une fédération solide en mutualisant nos compétences. Chacun avec ses moyens, nous devons contribuer à proposer des idées et des actions concrètes. Nous devons apprendre et transmettre dans notre communauté.

L’objectif immédiat est de s’enraciner dans la France périphérique. L’État se désengage totalement de vaste zones de notre territoire, nous devons appuyer l’appropriation de leur administration par les populations laissées en marge. Défendons la France populaire et enracinée ! L’important est de créer le maximum de terrains d’action pour que s’incarnent nos idées. Ne cherchons pas la révolution, vivons-la comme une aventure dès à présent !

Nous sommes la France rebelle ! Nous avons un rôle d’éveilleurs, c’est à tous ceux qui se retrouvent dans cette expression de la faire vivre et grandir.

Louis Alexandre

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