La fête est finie d’Olivier Maulin

D’un roman à l’autre, Olivier Maulin, célèbre à travers ses personnages picaresques : la nature, la décroissance, l’amitié, le non-conformisme, la joie de vivre.. Ce dernier roman, n’échappe pas à cette règle et nous embarque dans des aventures invraisemblables avec deux paumés, deux ratés que sont Victor et Picot.

Dès leur première nuit, ce duo attachant engagé comme vigiles sur un parc de camping-cars vont jouer de malchance et se trouver embarqués avec les voleurs de ces fourgons qu’ils étaient chargés de surveiller. Ils seront obligés de s’installer dans un camping déserté, perdu au milieu d’une forêt alsacienne et vont croiser des personnages encore plus invraisemblables qu’eux comme la tante Arie qui vit coupé du monde dans sa cabane : » Dire qu’elle n’aimait pas son époque, c’est ne rien dire. Elle la haïssait l’exécrait, l’abominait, la vomissait ! Selon elle on était entré dans la plus fantastique décadence jamais imaginé dans l’histoire de l’humanité. Au bout de cette décadence : l’abîme vers laquelle cette humanité infecte et  dégradé courrait.  Bon débarras ! Elle avait cru longtemps que les choses pourraient changer, que la fuite en avant pourrait être freinée, qu’une renaissance spirituelle était possible ;à présent il était trop tard. La décadence avec corrompu les hommes dans leur nature, les avait avilis à un point tel qu’aucun sursaut n’était plus guère possible ». 

Ces deux compères improbables vont très bien s’acclimater avec ce groupe réfractaire au progrès qui se prépare à l’effondrement de la société, où l’alcool coule à flots comme dans tous les romans de Maulin.

Mais bientôt un évènement va assombrir cette épopée : la construction d’une décharge industrielle et d’un Center Parc. C’est l’occasion de partir en guerre contre ses bétonneurs.

Un marquis tout aussi extravagant va se retrouver à la tête de cette improbable équipe. Rirette, une belle jeune fille avec qui Picot va s’amouracher, très déterminée à défendre son territoire, répondra avec aplomb à ce responsable de ce chantier dévastateur. « Obscurantisme ? a répété Rirette. Vous m’accusez d’obscurantisme ? Mais vous n’avez pas encore compris que c’était vous l’obscur ! Le massacreur des grenouilles, éradicateur d’oiseaux, pollueurs ennemis de la beauté ! Obscurantisme ? Sans blague ! On est du côté du soleil, nous autres ! Le beau soleil qui se lève et se couche ! Qui c’est toujours levé, toujours couché ! Ce soleil que vous obscurcissez avec votre salle pollution ! »

Lire Maulin, c’est avant tout, se retrouver dans un monde où l’humour, la joie de vivre prime sur l’ennui que suscite nombre de livres parus ces années-ci. Maulin se rapproche du rire de Rabelais et non de ces multiples contrefaçons que l’on retrouve chez les bouffons du Spectacle.

Fabrice Trochet

Olivier Maulin, La fête est finie, Denoël

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