Editorial du numéro 71 ( sortie prochaine) : Pour une nouvelle radicalité

L’humiliation du peuple grec sous le diktat eurocratique ne laisse plus de place à la naïveté démocratique. Nous sommes face à une logique implacable qui asservit les peuples européens au profit unique de l’oligarchie capitaliste. Cette volonté s’exprime dans la brutalité des propos des technocrates qui veulent faire « payer aux Grecs » les dettes de sa classe parasitaire. Le président de la commission européenne, le sinistre Jean-Claude Juncker, jette le masque quand il affirme qu' »il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens ».

L’histoire est un rapport de force. Ce rapport de force s’incarne dans une concentration d’énergies intellectuelles et matérielles qui déterminent les évènements et entrainent des changements importants dans l’Histoire. La classe dominante l’a bien compris et elle s’est donné les moyens de choisir les « règles du jeu » dans la lutte de classes en cours.

Les classes populaires réapprennent aussi cette loi de l’Histoire. La classe « intellectuelle » a longtemps travaillé à désarmer « l’homme de la rue » pour lui faire accepter la domination du Système. On a voulu le voir impuissant et démuni face aux événements majeurs. Les intellos de gauche se sont appliqués à saper la volonté et le moral de la France populaire, aidés en cela par les constats d’échec mélancoliques d’une certaine intelligentsia de droite passéiste. Tous appelaient à rester spectateurs du désastre en cours.

Il est urgent de radicalement rejeter cette résignation, cette indifférence et ce laisser-aller intellectuel. Un violent sursaut est nécessaire. Un rapport de force se construit dès aujourd’hui pour la cause du Peuple et de la Patrie. Au sein de la population, une minorité d’individus ne se retrouve pas dans ce Système. Intelligences sans emploi en recherche d’un idéal, nous croisons ces résistants en devenir dans nos vies quotidiennes. Ils ne veulent pas se sacrifier pour la bonne marche de l’économie capitaliste et veulent se défendre de manière autonome – en-dehors des partis du Système et des syndicats – et de manière radicale.

Refusant la délégation et la représentation, ces révolutionnaires européens doivent s’organiser sans attendre une hypothétique et lointaine prise du pouvoir par des forces électoralistes et arrivistes. Ils représentent une « nouvelle radicalité », une remise en question des vieilles formes d’opposition et des faux clivages.

L’heure des choix arrive. Nous savons qu’il n’y a plus de place pour les arrangements et que l’avenir est sombre. Partout, nous devons déborder le cadre du consensus dans la soumission et organiser l’offensive. L’engagement s’impose pour faire triompher une vie non aliénée et régénérée.

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