Démocratie sans Souveraineté, n’est qu’une mystification !

Présentation de la Ligue Panafricaine – UMOJA

La LP–U dès sa création s’est posée comme une organisation supra territoriale. C’est aussi la première structure politique qui assume ouvertement le projet panafricain. Elle se donne comme ambition, d’arriver au plus haut niveau de décision dans les Etats africains, afin de mettre en œuvre le projet panafricaniste, s’appuyant sur un héritage idéologique historique depuis Garvey et Du Bois, en passant par Nkrumah et Diop jusqu’à Lumumba, Boganda et Sankara, pour ne citer que ceux-là, dans le but de réaliser l’Unité, l’Indépendance, la Souveraineté et le Progrès du Continent mais aussi assurer la sécurité politique, économique, militaire et culturelle de notre Continent à travers l’Etat Fédéral Africain. Ce présent article présente la Ligue Panafricaine – UMOJA du point de vue de l’actualité brulante du Continent africain.

Position de la LP-UMOJA relative à l’actualité dominante

Depuis plus de deux décennies, l’actualité politique africaine, au sud du Sahara, est dominée par des conflits électoraux, sanglants pour certains d’entre eux. Les cas les plus récents sont : Zimbabwe, Kenya, Niger, Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, Sénégal… D’autres pays comme le Congo-Brazzaville, le Cameroun, le Tchad, le Burkina-Faso… sont quasiment dans un blocage démocratique, où les régimes en place, après avoir affaibli ou réduit l’opposition à néant, sont redevenus monolithiques.

  1. La LP-U et la question électorale :

Sans nier cette dimension électorale, la LP-U dénonce vigoureusement la responsabilité de la classe politique africaine (majorité et opposition) pour avoir réduit la démocratie à un simple processus d’accession au pouvoir. C’est ainsi que les conflits actuels, abusivement qualifiés de conflit démocratique, sont d’autant plus violents qu’ils n’opposent pas des adversaires ayant des idéologies et des conceptions de développement différentes. Il s’agit de la lutte du pouvoir pour le pouvoir et tous moyens justifient cette fin : instrumentalisation ethnique, alliances politiques contre nature, constitution des milices armées, collaboration avec l’impérialisme contre les intérêts africains…

Or, l’on observe que si la démocratie ne se résumait qu’aux réussites des scrutins électoraux, le vaillant peuple malien, tant vanté pour ses deux décennies de réussite de l’alternance démocratique, et dont malheureusement les droits économiques et sociaux sont réduits à la portion congrue, ne s’est pas mobilisé massivement pour défendre les acquis de la démocratie « électoraliste », et exiger le retour à l’ordre constitutionnel quand le capitaine Amadou Haya Sanogo et sa junte militaire ont opéré un coup d’Etat en 2012.

Pour la LP-U, l’exigence démocratique va de pair avec l’exigence de souveraineté, et qui conduira inexorablement vers la constitution d’une union politique des Etats africains, condition sine qua non pour peser dans le concert des nations face aux géants comme les Etats-Unis, l’Union Européenne ou aux Etats continent comme la Chine et l’Inde.

Organisée en Sections Territoriales dans les pays africains, l’objectif de la LP-U, est d’élever au même niveau d’importance et d’urgence, les questions de souveraineté, de droits sociaux et économiques, et naturellement la question électorale. C’est à ce prix qu’une recomposition sur des bases idéologiques des forces politiques va s’opérer sur le continent africain. De ce fait, les populations sauront distinguer quelle force politique se bat concrètement pour son épanouissement.

  1. La LP-U et la question des dettes odieuses et illégitimes :

Depuis les années 80, y compris après le retour du multipartisme en 1991, les différents plans d’ajustements structurels (PAS), renommés en PPTE aujourd’hui, qui se sont traduits par des baisses massives de salaires, le gel drastique des recrutements, l’arrêt des subventions aux services de base (santé, électricité, eau courante, éducation…), privatisation des sociétés d’État et mise massive au chômage… ont été appliqués brutalement contre les populations africaines. Au nom de la « real politik », aucun parti politique africain de la majorité ou de l’opposition, ne s’en est jamais élevé, comme ils ont l’habitude de le faire sur des questions électorales.

Les populations africaines subissent en fait une double peine. Après avoir subi les affres des régimes dictatoriaux, elles sont sacrifiées régulièrement sur l’autel des remboursements des dettes odieuses et illégitimes, contractées par ces mêmes régimes injustes avec la complicité des créanciers véreux. Le cynisme atteint son comble, lorsque les populations doivent subir aussi le remboursement des dettes contractées pour des achats d’armes de guerre ayant causé des milliers de mort parmi elles lors des conflits successifs.

Pour en finir avec la double peine qui frappe les populations africaines relativement aux injonctions des IFI (BM et FMI) à travers le PAS hier et le PPTE aujourd’hui, la LP-U s’inspire des cas de suspension et d’annulation de la dette des pays aussi divers que l’Equateur, la Norvège et l’Islande en mobilisant les populations afin d’exiger un audit citoyen.

Instrument de souveraineté, l’audit citoyen consiste à analyser de manière critique la politique d’emprunts suivie par les autorités du pays et à répondre à de nombreuses questions. Par exemple : Pourquoi l’État a-t-il été amené à contracter une dette qui ne cesse d’enfler ? Au service de quels choix politiques et de quels intérêts sociaux la dette a-t-elle été contractée ? Qui en a profité ? Etait-il possible ou nécessaire de faire d’autres choix ? Qui sont les préteurs ? Qui détient la dette ? Les prêteurs mettent-ils des conditions à fortiori des prêts ? Lesquelles ? Quelle est la rémunération des prêteurs ? Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ? Combien d’intérêts ont été payés, à quels taux, quelle part du principal a déjà été remboursée ? Comment des dettes privées sont-elles devenues « publiques » ?

Les menaces de la mise au ban de la communauté internationale ne sont qu’une façon de décourager les États à franchir le pas. Car, contrairement aux idées reçues, les travaux récents de deux économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, ont dénombré 169 défauts de paiement qui ont duré en moyenne trois ans, entre 1946 et 2008.

  1. La LP-U et la Souveraineté monétaire

Les désastres économiques et sociaux causés par la dévaluation du Franc CFA de janvier 1994 dans la zone Franc CFA, ne sont que la partie visible de l’iceberg. A ce jour, travaux, études et déclarations d‘experts foisonnent démontrant, contrairement aux idées très répandues et souvent chargées d’émotions, que la zone-franc est une source d’appauvrissement, de misère et de sous-développement des pays membres.

Au lieu de construire un véritable outil de développement en matière monétaire, les dirigeants africains successifs, se contentent de vendre les matières premières non valorisées et cherchent désespérément refuge dans la monnaie de l’ancien occupant. L’aberration du système FCFA a atteint son comble, dans le fonctionnement des comptes d’opérations, où les dirigeants africains de la zone Franc CFA tenus par les accords, stockent ou immobilisent dans les caisses du Trésor français les immenses capitaux financiers indispensables au développement socio-économique.

Et pourtant, la garantie monétaire occidentale n’existe pas en Inde, ancienne colonie anglaise, où la monnaie nationale (la roupie) est inconvertible. Et pourtant, l’Inde est une grande puissance économique et militaire incontestable, devançant de loin, tous les pays africains de la zone franc. Considéré par la LP-U comme un véritable instrument de l’impérialisme français en œuvre sur nos territoires, la LP-U entend présenter le bilan des avantages et des inconvénients de l’arrimage au FCFA aux peuples africains afin que ces derniers décident souverainement de sortir ou non de cette zone monétaire.

Mouvement panafricaniste, la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U), appelle de tous ses vœux à l’Unité des panafricanistes dans nos territoires et à la formation d’un bloc souverainiste, anti-impérialiste et anti-tribal afin de porter haut les aspirations de nos populations à l’échelon national et continental. Somme toute, la LP-U se battra dans chaque pays africain, à travers ses Sections Territoriales, pour obtenir des assises souveraines (Etats généraux, Forum, Conférence nationale…) non pas que sur les questions électorales comme la classe politique actuelle a pris l’habitude de le faire, mais également sur des questions de souveraineté et de droits économiques et sociaux.

Le Site de la Ligue Panafricaine – UMOJA 

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