Bienvenue dans le libéralisme sécuritaire !

L’Histoire s’accélère au niveau mondial depuis quelques mois. Longtemps indifférents aux événements qui ensanglantaient le monde, les français se retrouvent en première ligne. De la « crise des migrants » à la série d’attentats de Novembre, ils voient leurs anciens repères disparaitre. L’oligarchie les appelle à rentrer en guerre pour défendre leur bienheureuse léthargie. Mais où est l’ennemi ? Que doivent t il défendre- au juste ? Personne ne le sait ! On a escamoté le caractère politique des problèmes et les responsabilités qui vont avec. Notre médiocre classe dirigeante cherche à cacher que les causes réelles des drames que nous allons vivre sont la conséquence directe de ses choix politiques.

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L’immigration de masse : fruit du capitalisme criminel

Il nous apparaît bon de rappeler quelques évidences, qui ne le sont pas pour beaucoup. L’immigration de masse et le terrorisme islamique ne sont pas des phénomènes magiques. Ils sont le produit d’un monde instable fruit de la domination globale du système capitaliste.

Des peuples ne se mettent pas en marche tout seuls pour envahir l’Europe. Ils y ont été conduits par le vaste plan de recomposition du Proche-Orient par la puissance américaine. Durant 20 ans, les Etats-Unis ont mené une guerre d’agression dans cette région pour s’assurer le contrôle de ce carrefour géopolitique clé. L’élimination des régimes nationalistes arabes de Saddam Hussein et du colonel Kadhafi fit sauter des éléments de stabilité. La chute de ces états autoritaires a about à des guerres civiles sur des clivages ethno-religieux et elle profitente à la renaissance d’un islamisme djiadiste. Les « printemps arabes » , soutenus par l’Occident, ont aggravés cette déstabilisation et furent à l’origine du conflit syrien. L’entêtement des occidentaux à abattre Bachar Al-Assad a fait basculer toute la région dans le chaos.

La « crise des migrants » est née directement de ce contexte géopolitique qui a aussi une répercution directe sur d’autres axes de migrations du Sud vers le Nord. Le renversement de M. Kadhafi à ouvert une porte d’entrée aux flux migratoires d’Afrique subsaharienne vers l’Europe et la déstabilisation des états du Maghreb -comme la Tunisie- amène à une reprise de nouvelles arrivés de ce coté de la méditerranée.

Mais l’arrivée d’une immigration de masse en Europe s’explique surtout par le fait que nos portes furent brisées de l’intérieur par nos dirigeants… La disparition des frontières et de la souveraineté nationale est une volonté des élites mondialistes pour qui rien ne doit entraver la libre circulation des biens et des personnes, ces dernières étant considérées comme des marchandises.

L’Allemagne d’Angela Merkel aura crée un appel d’air sans précédant durant l’été. «  Je n’ai pas le pouvoir, et personne ne l’a, de déterminer combien de gens viennent ici » a déclaré Angela Merkel, le 7 octobre 2015. Cruel cynisme de celle qui a provoqué l’accélération du phénomène par ses déclarations de bienvenue aux migrants. Six milliards d’euros ont été investis par les Landers et par l’Etat fédéral pour accueillir les nouveaux arrivants, 4 milliards supplémentaires sont déjà prévus, sans compter les dons records des associations et des citoyens. Pourquoi cette générosité sans précédente d’un pays qui n’avait pas franchement montré sa solidarité au peuple grec croulant sous la dette ? La réponse est dans un calcul du patronat allemand qui mise sur les migrants pour combler la pénurie de main-d’oeuvre de son industrie et de compenser un déficit démographique colossal. Les impératifs économiques doivent primer sur tous les autres. La « morale des « droits de l’homme » n’est qu’un habillage des intérêts financiers » écrivait à juste titre Alain de Benoist. Mais les libéraux avaient oublié que cette masse humaine était loin d’être entièrement constituée de pacifiques ingénieurs occidentalisés employables par leur économie florissante. Le choc des agressions du jour de l’an à Cologne – qui furent révélateurs d’autres événements similaires en Allemagne mais aussi dans les pays scandinaves- viennent rappeler que le multiculturalisme est aussi porteur de troubles.

Le terrorisme islamiste est aussi un ennemi intérieur

L’expansion du terrorisme islamique est elle aussi rendue possible par le monde voulu par le système capitaliste. Né de courants les plus archaïques de l’islam, l’islamisme radical n’aurait surement jamais dépassé le stade des guerres tribales de la péninsule arabique sans l’aide apportée à la dynastie des Saoud par les Etats-Unis dès les années 1930. Le wahhabisme et le salafisme, doctrines clairement anti-traditionnelles, furent diffusés comme une arme idéologique par les pays du Golfe grâce à l’argent du pétrole. Les Etats-unis portent dans cette expansion idéologique une responsabilité écrasante. Durant la guerre froide, les américains ont soutenu les pères fondateurs de l’Islamisme radical contre l’URSS. Ils ont ensuite utilisé les mêmes dans la déstabilisation des Balkans ( Bosnie, Kosovo) et du Caucase. Dans le plan de redécoupage du proche-Orient, ils ont utilisé les islamistes pour provoquer le chaos et combattre la puissance iranienne.

Peu avant les attentats de Paris, les victimes des terroristes islamiques furent les passagers d’un avion civil russe et les habitants d’un quartier chiite de Beyrouth . On le voit, les cibles des terroristes précisent leurs orientations qui n’est pas à chercher dans un « choc de civilisation », mais dans une volonté de combattre les forces s’opposant effectivement à leur domination archaïque. Les massacres quotidiens en Syrie et en Irak de chrétiens, de chiites, d’alaouites et d’autres minorités religieuses ne cesseront qu’avec un renversement d’alliance et la mise en accusation de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite pour leur soutien aux djihadistes.

Si l’islamisme combattant à échappé à ses parrains américains, le rôle des gouvernements français successifs ne doit pas être oublié. Pendant que Nicolas Sarkozy et François Hollande s’entêtaient à faire tombé le régime de Bachar El-Assad, le foyer du terrorisme s’étand désormais à notre territoire.

L’islamisme est en Europe, et en particulier en France, un problème lié à l’immigration de masse. Pendant longtemps, les populations immigrées issus du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne ont pratiqué un islam traditionnel ou cultivé une pratique distante de leur foi. Mais au tournant des années 1980, l’apparition de la prédication islamique dans les banlieues s’appuya sur de jeunes générations déracinées. Cette « réislamnisation » fut plus une démarche identitaire que véritablement spirituelle. L’adaptation de l’idéologie islamique au monde moderne ( par le business du Halal, l’internet, la globalisation d’une mode salafiste) fit sont succès auprès d’un lumpenprolétariat décérébré en quête de valorisation symbolique. La communautarisation progressive de l’espace social était inévitable avec l’abandon de zones entières par les pouvoirs publiques. L’ insécurité massive, conséquence de l’incapacité de l’Etat à assurer ses fonctions régaliennes, a laissé le champ libre aux trafiquants et aux islamistes. Ce renoncement fut même encouragé par des politiciens de Droite comme de Gauche qui voulaient profiter des avantages électoraux d’un clientélisme communautaire dans les quartiers.

Alain de Benoist à parfaitement défini la problème : « Qui peut croire que l’on résoudra le problème avec des « cours civiques » à l’école, des incantations à la laïcité, de pieuses considérations tirées de l’histoire sainte du « vivre ensemble » ou de nouvelles lois en forme de gris-gris vaudous « contre-toutes-discriminations »? La classe dirigeante est devenue totalement prisonnière de son incapacité à voir les choses en face, cause principale de son indécision ( et de son désarroi, car elle ne sait plus que faire). Elle prétend se battre contre un ennemi dont elle ne veut pas reconnaître qu’il s’agit d’un Golem qu’elle à engendré. Le docteur Frankenstein ne peut pas lutter contre sa créature parce que c’est sa créature ».

Le Libéralisme sécuritaire

Comment l’Etat peut il réagir face à cette situation qui semble lui échapper ? La classe gouvernementale fut le principal bénéficiaire de l’après Charlie et des attentats de Novembre 2015. canalisant la légitime émotion des français vers un consensus qui ne devait pas remettre en cause sa domination. Le discours du « pas d’amalgame » visait à ne pas provoquer de tensions entre les français et les populations immigrés, car le système sait qu ‘une dérive vers une guerre civile larvée serait un facteur de basculement dans un processus de désagrégation violente de sa domination qu’il ne serait pas capable de contrôler. L’unanimité était le mot d’ordre de la classe dirigeante pour éviter une analyse critique des véritables origines des actes terroristes islamiques.

La déclaration de guerre du gouvernement à des fantômes insaisisables devait conduire à une « union sacrée ». L’état va faire du terrorisme un outil pour se renforcer comme Guy Debord le décrit dans les Commentaires de la Société du spectacle : « Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’Etat ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. »

Les « valeurs citoyennes » que les Français sont appelées à défendre correspondent précisément aux idéaux de la société de consommation. Libéralisme, cosmopolitisme, mondialisme, voilà ce que veut défendre le système dans « sa guerre ».

Le système capitaliste se reconfigure en permanence en générant la crise. Le terrorisme est nécessaire pour permettre un glissement vers un Libéralisme sécuritaire. « Le chaos à la base, l’oligarchie à la tête » pourrait être la devise de ce nouveau régime. En quoi pourrait consister ce libéralisme de l’état d’urgence ? Clairement à un renforcement de l’orientation libérale mondialiste et anti-populaire des classes dirigeantes actuelles, mais avec des moyens nouveaux pour assurer le contrôle de la population. L’idée est vraiment d’accélérer la processus de soumission généralisée.

Les apparences de la normalité sont préservées pour que rien ne viennent perturber la bonne marche de la consommation. La peur doit rester intérieure pour garantir un niveau de tension élevé sans provoquer pour autant de réaction. Combien de temps, le système pourra maintenir cette tension ?

NOTE :

1 – Les citations d’Alain de Benoist sont extraites de « Survivre à la Pensée Unique ». Editions Krisis, 427 pages, 24 euros. Disponible sur https://krisisdiffusion.pswebstore.com/

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